L’âme des narrateurs (2)

II- Noms propres

1. Choisissez quatre noms propres :

Un prénom ; Babette

– Le nom d’une ville où vous rêvez d’aller ; Pékin

– Le nom imaginaire d’une ville imaginaire ; Berijko

– Le nom d’un hôtel où vous vous arrêteriez en plein désert. Safe Halt Inn

2. À la manière de Yoko Tawada (ci-après), racontez le corps de l’un de ces quatre noms propres (utilisez le vocabulaire développé dans votre texte I) :

Un d, demi-cercle à la main levée, et un u, récipient vide.

Un texte français a un visage plus rond qu’un texte allemand. Il manque les épaules anguleuses des majuscules qui donnent à chaque ligne d’allemand un aspect architectural.


Production

Un b majuscule, B magistral, arc doublé plein de rondeurs sur une colonne droite allongée. Le a qui vient ensuite, plus classique mais tout aussi rond, fait figure de hublot. On y jette un œil et on tombe sur b, le petit frère de la première. Il n’a pas droit à son deuxième arc celui-là, il laisse un goût d’inachevé. Ces trois lettres dodues, nonchalamment étalées sur le papier, annoncent avec langueur l’arrivée des quatre autres, aussi sobres que celui qui n’a jamais goûté au vin du calice. Pris en sandwich comme entre deux serre-livres, les deux t tentent, les deux bras tendus de part et d’autre, de repousser timidement l’invasion des e vindicatifs. Il leur suffirait de prendre leur habit de majuscule et ainsi formés et vaillamment rassemblés, nos deux TT nous offriraient presque la vision d’un Pi mystérieux, un dolmen imposant à angles droits. L’entrée d’un temple romain immense et vide dans lequel viendraient se perdre les boucles paresseuses de ces e enquiquinants.

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